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Des chercheurs auraient réussi à rajeunir des cellules de centenaires

23/10/2013

Des chercheurs français de l'Institut de Génomique Fonctionnelle à Montpellier seraient parvenus à reprogrammer des cellules sénescentes (des cellules devenues incapables de se dupliquer car trop âgée et prélevées sur des personnes très âgées), en cellules souches pluripotentes (cellules IPS), dont les potentialités sont analogues aux cellules souches produites lors de la phase embryonnaire, soit des cellules présentant tout à la fois la capacité à se dupliquer très vite en se multipliant, et capables de devenir n'importe quelle cellule différenciée et spécialisée de l'organisme. Il s'agit à l'évidence d'un résultat important qui pourraient déboucher sur des applications importantes, sous réserve d'études ultérieures venant le répliquer.

Les travaux, dirigés par le biologiste Jean-Marc Lemaître et publiés le 1er novembre 2011 dans la revue Genes & Development, suggèrent la possibilité de pouvoir un jour guérir des patients âgés, en régénérant leurs tissus malades à l'aide de cellules prélevées sur leur propre organisme, et qui auront au préalable été cultivées de façon à être reprogrammées en cellules souches IPS.

La reprogrammation de cellules sénescentes en cellules souches est une première, Toutefois, ces travaux avaient consisté à reprogrammer des cellules non sénescentes, c'est-à-dire encore capables de se dupliquer. Ici, la performance de Jean-Marc Lemaître réside donc dans le fait d'être parvenu à régénérer des cellules sénescentes, soit en quelque sorte en "fin de vie".

Des généticiens japonais Kazutoshi Takahashi et Shinya Yamanaka,   avaient réussi en 2006 à fabriquer pour la première fois des cellules souches IPS en reprogrammant des cellules adultes déjà différenciées, en l'occurrence des cellules de peau.

Plus récemment, le biologiste Marcel Méchali, directeur de recherche CNRS à l'Institut de génétique humaine de Montpellier, lequel a amélioré en 2011 les résultats des deux japonais en produisant à l'aide d'oeufs de xénope des cellules IPS en plus grande quantité, ainsi que mieux reprogrammées (c'est-à-dire plus proches encore des cellules souches pluripotentes naturellement créées lors de la phase embryonnaire).

Jean-Marc Lemaître s'est basé sur les travaux précurseurs des japonais Kazutoshi Takahashi et Shinya Yamanaka, lesquels avaient réussi à produire en 2006 leurs cellules IPS en injectant dans des cellules adultes de peau un cocktail de 4 gènes appelés Oct3/4, Sox2, c-Myc, et Klf4 (un cocktail qui avait suffi à transformer ces cellules de la peau en cellules souches).

Jean-Marc Lemaître aurait réutilisé ce cocktail de 4 gènes, en y rajoutant deux gènes supplémentaires, baptisés NANOG et LIN28.

Le chercheur est parvenu à reprogrammer en cellule IPS des cellules initialement prélevées sur des donneurs âgés de 74 ans à plus de 100 ans. Selon les déclarations faites par le chercheur à l'AFP, les cellules IPS ainsi obtenues ne présenteraient plus les marques épigénétiques (c'est-à-dire des traces héritées au cours de l'existence de l'individu, qui se fixent petit à petit sur l'ADN des cellules) que l'on trouve habituellement en grand nombre dans les cellules de donneurs âgés.

En attendant que d’autres équipes de recherche dans le monde arrivent à obtenir des cellules IPS parfaitement reprogrammées, il convient pour l'instant de conserver une certaine prudence vis-à-vis de ces travaux. Il est aujourd’hui impossible d'éliminer complètement dans les cellules IPS les marques du vieillissement issues des cellules différenciées dont elles proviennent initialement. En d'autres termes, une régénération parfaite et totale de cellules adultes déjà différenciées, et a fortiori sénescentes, est un cap qui n'a pas encore été atteint. Les travaux menés par Jean-Marc Lemaître ne font vraisemblablement pas exception à la règle.

Les cellules IPS obtenues actuellement par Jean-Marc Lemaître ne semblent pas avoir été injectées à un donneur à la suite de leur obtention. Ce qui aurait pourtant permis de vérifier qu'elles étaient bel et bien capable de se transformer en cellule spécialisée de telle ou telle partie de l'organisme. Et donc, qu'il s'agissait bel et bien de cellules souches.

Source:   Le Blog Retraite Sereine


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