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Changer les neurones de Parkinson défectueux

22/05/2016

Une étude de chercheurs de l'Université de Buffalo publiée en décembre 2015 dans la revue Nature Communications suggère tout simplement de changer l’approche sur la recherche sur la maladie de Parkinson, ils avaient pour objectif de réparer les neurones dopaminergiques défectueux de manière à leur permettre de produire à nouveau et normalement de la dopamine, et proposent donc de partir de cellules de la peau, abondantes et accessibles, de les cultiver et les spécialiser en neurones dans un laboratoire et de les transplanter ensuite dans le cerveau pour remplacer les neurones défectueux.

L’équipe a d’abord cherché à transformer des cellules qui sont faciles à obtenir, comme les cellules de la peau, en neurones à dopamine, mais elle s’est à nouveau heurtée à la difficulté d’obtenir des quantités suffisantes de neurones. Elle a ensuite cherché à surmonter cet obstacle majeur. Lors de ces tentatives, les chercheurs ont identifié une protéine p53, dont la fonction est de maintenir le statu quo dans une cellule et donc de la protéger contre une évolution vers un autre type de cellule. Le Pr Jian Feng, Ph.D., auteur principal et professeur de physiologie-biophysique explique que « Nous constatons que p53 agit comme une sorte de gardien pour empêcher la conversion en un autre type de cellule. Mais une fois l'expression de p53 réduite, alors il devient possible de reprogrammer des fibroblastes en neurones beaucoup plus facilement ». Une découverte primordiale en biologie cellulaire car ce verrou est connu.

Il va être possible de changer les cellules d'un type à l'autre et de générer des tissus similaires à ceux déjà présents dans le corps, y compris dans le cerveau. Les chercheurs expliquent que « toutes nos cellules ont le même code source que la première cellule de départ, mais ce code est lu différemment pour produire les différents types de cellules qui composent le corps ».

Les scientifiques déterminent ici un point de timing essentiel, dans le cycle cellulaire, au moment où la cellule s'assure que tout est prêt pour la duplication du génome,. A ce moment-là, la cellule est réceptive au changement. En supprimant le gardien génomique p53 au bon moment, il devient possible de transformer ces cellules épithéliales en neurones dopaminergiques, avec des combinaisons de facteurs de transcription déjà documentés lors de précédentes études. Ces manipulations génétiques impliquent l’expression d’une protéine, TET1, impliquée dans une modification enzymatique de l'ADN qui conditionne la lecture du génome. Bref, les scientifiques apportent des preuves que les neurones dopaminergiques obtenus sont bien fonctionnels- et correspondent bien au type de neurones déficients dans la maladie de Parkinson.

En 10 jours, les chercheurs parviennent à un taux de transfo de 60% versus 5% et 2 semaines pour les précédentes tentatives. Régénérer des neurones spécifiques d’un patient dans un plat pour les transplanter ensuite dans le cerveau pour réparer les neurones défectueux, c’est donc, à ce stade expérimental, bien possible. Un espoir réel dans le traitement de Parkinson.

Source : Le Blog Retraite Sereine


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