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La poly-médication toucherait 40% des plus de 75 ans

30/06/2016

Une étude récente de l’IRDES (Institut de recherche et documentation en économie de la santé) souligne la forte poly-médication cumulative (ensemble des médicaments administrés sur une période donnée) chez les personnes âgées de plus de 75 ans. En effet, ils seraient plus de 40 % à cumuler 10 médicaments. Et parmi ceux-ci, 77 % seraient aussi polymédiquées de façon continue. Ainsi les chercheurs estiment que 33% ou 40%, selon que l’on utilise l’indicateur de poly-médication continue qui mesure les médicaments pris régulièrement et au long cours ou que l’on retient l’indicateur de poly-médication cumulative, qui prend en compte l’ensemble des produits pris sur une période donnée. Une telle poly-médication s'explique par l'allongement de l'espérance de vie. Elle s'accompagne souvent d'une ou plusieurs maladies chroniques, et donc de traitements médicamenteux et de risques iatrogéniques, responsables de 21 % des consultations en urgence.

Les économistes de l’IRDES expliquent que la différence observée entre les deux indicateurs permet de quantifier la part liée aux traitements de pathologies intercurrentes, qui surviennent alors qu’une ou plusieurs autres pathologies sont présentes. Leur étude montre pourtant que les facteurs associés à la poly-médication ne diffèrent guère selon les indicateurs. Elle serait toujours plus souvent rencontrée chez les femmes ou moins souvent chez les adhérents du RSI. Elle est aussi plus fréquemment rencontrée dans le grand nord de l’Hexagone et quelques départements du centre et moins en Haute Savoie ou en Martinique. Moins surprenant peut être, le fait d’être en ALD augmente la poly-médication. Et encore tout dépend des pathologies, avec l’insuffisance respiratoire, le diabète et le Parkinson dans le tiercé de tête et à l’inverse, la maladie d’Alzheimer en bas de l’échelle de prescription. Les auteurs de l'étude constatent qu’un individu en ALD pour maladie d’Alzheimer serait moins à risque de poly-médication, et plus particulièrement moins soumis à des traitements aigus intercurrents.

Au petit jeu des corrélations, la fréquence des prescriptions hospitalières ou de spécialistes est souvent synonyme d’une plus longue ordonnance. D’une manière générale, l’IRDES observe que plus le nombre de prescripteurs est élevé et plus le risque de poly-médication est important. Mais, les chercheurs sont un peu en panne d’explications sur ce phénomène, ces facteurs pouvant être à la fois des marqueurs d’un certain type de parcours de soins, mais aussi de la gravité de la pathologie, l’interprétation de ces coefficients est délicate. Enfin, parmi les classes le plus souvent associées à une poly-médication, on recense les analgésiques, les médicaments du système rénine-angiotensine-aldostérone, les antithrombotiques, les hypocholestérolémiants, les antiacides, mais aussi les psycholeptiques.

Source : Le Blog Retraite Sereine


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