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Récupération des souvenirs volés des Alzheimer

15/07/2016

La démonstration d’une équipe du Massachusetts Institute of Technology (MIT) sur des souris transgéniques modèles de la maladie d’Alzheimer, publiée dans la revue Nature, suggère que les souvenirs ne sont pas mal formés ou détruits par la maladie d'Alzheimer et l'amyloïde mais que le cerveau a des difficultés à les retrouver. En retrouvant cet accès aux données égarées, dans des enregistrements ou traces mnésiques connues sous le nom d’engrammes, il serait donc possible de les récupérer.

Les chercheurs du MIT ont testé, par une série d'expériences comportementales, la mémoire de souris dont certaines avaient été génétiquement modifiées pour présenter des symptômes similaires à la maladie d'Alzheimer chez l'homme. Les chercheurs ont induit des réponses de peur en leur appliquant des chocs électriques au niveau des pieds, à l'intérieur d'une cage présentant une odeur, une couleur et une forme spécifique. Ils ont vérifié que les souris ne montraient pas de réaction de peur dans la même cage 24 heures plus tard. Ils ont utilisé l'optogénétique pour marquer les cellules nerveuses impliquées dans la réponse de la mémoire avec une protéine sensible à la lumière. Cela leur a permis de cibler précisément ces cellules avec la lumière bleue pour voir quel effet leur stimulation pouvait avoir sur la mémoire. Ils ont ainsi pu stimuler directement les cellules nerveuses spécifiques (engram cells), formant ces engrammes associées donc au souvenir de peur. Les résultats sont frappants :

  • Les souris génétiquement modifiées pour avoir les symptômes d’Alzheimer, reproduisent, avec la stimulation des engrammes, la réaction de peur éprouvée dans la cage où elles avaient reçu les décharges électriques.
  • Ces souvenirs ne durent pas sans stimulation par la lumière bleue et un jour plus tard, les souris ne montrent plus dans la cage la moindre réaction de peur.

La dissection et l’analyse du cerveau montre néanmoins que la stimulation par lumière des engram cells permet d’induire des dentrites supplémentaires sur les cellules nerveuses des souris modèles d’Alzheimer. Ces dentrites supplémentaires s’avèrent liées à un meilleur rappel ou récupération des souvenirs et cet effet dure chez la souris un maximum de 6 jours. D’autres expériences montrent que ce traitement d’activation des cellules nerveuses associées aux souvenirs va concrètement leur permettre d'éviter des zones associées à des chocs et de retrouver des objets placés dans des cages.

Cette démonstration, certes chez la souris, suggère que la perte de mémoire dans la maladie d’Alzheimer serait plus liée à une déficience dans la récupération de l'information qu’à une difficulté à former des souvenirs, ou encore qu’à une perte pure et simple de souvenirs. Sous réserve que la maladie d'Alzheimer chez l’Homme se développe de manière similaire à la souris et que les mécanismes moléculaires sous-jacents soient identiques. De plus, cette étude montre également qu’il est non seulement techniquement possible de taguer les cellules nerveuses en charge du stockage des données et de les réactiver, mais aussi d’identifier et de marquer les cellules nerveuses exactes impliquées dans la formation de souvenirs spécifiques.

Si ces travaux ne se traduiront pas directement par des traitements pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, ils contribuent à mieux comprendre la perte de mémoire et la dégénérescence du cerveau et laissent espérer que dans l’avenir de telles techniques de récupération des engrammes puissent être développées.

Source : Le Blog Retraite Sereine


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