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Le décalage de l’horloge biologique et le cancer du sein

13/08/2016

Une étude l'Oregon State University présentée à la réunion annuelle de l’Endocrine Society, ENDO 2016 publiée en avril 2016 dans la revue EurekAlert explique le risque plus élevé de cancer chez les femmes qui subissent des niveaux élevés d’éclairage nocturne. En effet, la lumière est le principal repère de l'organisme pour régler l'horloge biologique et les rythmes circadiens qui affectent la libération d'hormones, les cycles veille-sommeil, le métabolisme et d'autres fonctions importantes. Le lien entre l’exposition à la lumière, l’horloge biologique et le cancer du sein, a déjà été documenté à de nombreuses reprises : ainsi, les femmes qui travaillent de nuit, comme certaines infirmières, présentent ainsi un risque accru de cancer du sein. Plus globalement, la perturbation du rythme circadien est impliquée dans nos pandémies modernes, que sont les cancers du sein mais aussi de la prostate, l'obésité, le diabète ou encore la dépression. Ce dérèglement de nos cycles sommeil-éveil perturbe le fonctionnement normal du corps et représente un risque pour la santé.

Ainsi, on ne compte plus les études sur l’horloge biologique et les effets néfastes de son dérèglement sur le métabolisme.

De nombreuses études ont déjà porté sur l’influence des lumières, la nuit, qui affecte nos rythmes circadiens :

  • Une étude anglaise publiée dans la revue International Journal of Sustainable Lighting avait montré qu’un simple éclairage dans la chambre va perturber l’équilibre du poids corporel. Une autre étude publiée dans la revue Nature avait alerté sur les effets perturbants de l’éclairage nocturne, en particulier de celui provenant des différents dispositifs, ordinateurs, smartphones ou tablettes.
  • Une étude publiée dans la revue Applied Ergonomics a suggéré un effet perturbant de la lumière bleue des tablettes mobiles sur la mélatonine ou hormone du sommeil, et donc sur notre cycle circadien ou horloge biologique.

Cette étude s’est concentrée quant à elle sur le risque de cancer du sein et contribue à expliquer pourquoi la glande mammaire chez la femme semble être sensible aux variations de l'exposition à la lumière et aux dérèglements de l’horloge biologique induit par ces variations. Ainsi, ses conclusions confirment que l’exposition à la lumière de nuit peut conduire au développement de la tumeur. Les chercheurs rappellent que parmi les fonctions majeures de l’horloge interne figurent la synchronisation et l'expression des gènes nécessaires à de nombreuses fonctions cellulaires telles que la croissance cellulaire, la prolifération cellulaire et la réparation de l'ADN.

Une exposition prolongée à la lumière, peut donc, en théorie, perturber les comportements cellulaires normaux et l'expression des gènes, en particulier dans les tissus hormono-dépendants, dont le tissu mammaire. Pour vérifier cette hypothèse, les chercheurs ont exposé un groupe de souris femelles à un cycle de lumière prolongée de 18 heures de lumière puis de 6 heures d'obscurité, et un autre groupe de souris à un cycle normal de 12 heures de lumière suivies de 12 heures d’obscurité. Les souris exposées à plus de lumière présentent, dans le tissu mammaire, un cycle considérablement ralenti du gène d'horloge Per2 soit d’environ 42 heures au lieu de 24 heures. Cependant, ce ralentissement du gène d’horloge n’est constaté que dans le tissu mammaire et non dans les autres tissus périphériques. Ce cycle ralenti suggère que les fonctions cellulaires régulées par l'horloge biologique sont déréglées. Cependant, ce dérèglement induit une diminution importante de l'expression des gènes qui codent ou fournissent le code génétique pour les récepteurs alpha et bêta d'œstrogène, des protéines qui se lient à l'ADN et peuvent agir comme des interrupteurs de réponses cellulaires : des niveaux élevés de récepteurs d'œstrogène est associée à une réduction de la propagation du cancer du sein et des risques de décès réduits. Or, ici, l'expression des récepteurs des œstrogènes alpha et bêta s’avère tout particulièrement faible dans la glande mammaire des souris exposées à un cycle prolongé de lumière.

L’étude révèle ainsi le processus moléculaire en cause dans l’influence de l’exposition à la lumière sur le développement des tumeurs du sein et confirme le risque, dans la vraie vie, d’une exposition régulière à la lumière nocturne.

Source : Le Blog Retraite Sereine


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