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Les essais cliniques sur le parkinson et les cellules souches

03/08/2016

Un rapport d’un consortium international d’experts présenté en mars 2016 dans le Journal of Parkinson's Disease, recommande la prudence, arguant une insuffisance de données précliniques et le risque, en allant trop vite, de ruiner ce potentiel si prometteur des thérapies par cellules souches. En effet, face à la prévalence croissante de la maladie de Parkinson, soit plus de 6 millions de personnes touchées dans le monde, il y a urgence à développer de vrais traitements. Ce commentaire d’experts fait le point sur l’un des grands espoirs de thérapies, par greffe de cellules souches et répond à la question : la recherche est-elle aujourd’hui suffisamment avancée pour passer à l’étape des essais cliniques ? C’est la déficience de dopamine dans le cerveau qui conduit aux symptômes caractéristiques de la maladie, tels que des tremblements, la rigidité musculaire et la lenteur des mouvements et d'autres effets dont la démence et la dépression. Aujourd’hui les traitements tentent de réduire la perte de ces cellules, mais ne vont pas les remplacer. L’espoir est donc de pouvoir d'utiliser des cellules nerveuses dopaminergiques dérivées de cellules souches. Des travaux de scientifiques de l’Université de Lund menés sur l’animal  publiés en novembre 2014 dans la revue Cell Stem Cell  révèlent que lorsque ces souches sont transplantées dans le cerveau, elles se développent bien en cellules productrices de dopamine. Plus récemment des scientifiques des Universités de Rutgers et Stanford ont publié dans la revue Nature Communications qu’ils ont mis au point un tout nouveau mode d’injection de cellules nerveuses saines, issues de cellules souches, dans le cerveau.

Une nouvelle technologie représentative des avancées dans les thérapies de la maladie de Parkinson publiée dans la revue Frontiers in Cellular Neuroscience par des chercheurs de l'Université de Rio de Janeiro montre que le recours à un anticancéreux, déjà disponible, la mitomycine C, pour traiter les cellules souches embryonnaires à partir desquelles seront cultivés les neurones dopaminergiques destinés à la greffe a également été testé avec succès chez l’animal. Bref, la prochaine étape est de tenter de reproduire ces résultats chez l'homme.

Les experts du Département de neurosciences de l’Université de Cambridge se posent 5 questions clés avant les essais, en amont du premier essai clinique prévu sous forme de commentaire, celui de la biotech International Stem Cell Corporation's (ISCO). A l’annonce de cet essai, de nombreux patients parkinsoniens et leurs familles se sont même demandé s'ils ne devraient pas essayer d’y participer. Les chercheurs répondent,

  • qu’il faut aussi réagir avec prudence, cet essai pouvant inspirer et contribuer à améliorer d'autres programmes de recherche de thérapies par cellules souches au point de passer eux-aussi au stade des essais cliniques,
  • Ensuite, ils appellent à ce que les organisateurs de ces essais informent leurs participants sur les opportunités et risques de telles thérapies afin d’offrir au maximum au patient la possibilité de prendre des décisions éclairées sur le fait ou non de participer.

Enfin, ils examinent l'essai de transplantation clinique prévu par ISCO à la lumière des critères définis par l’initiative de collaboration mondiale, GForce-PD qui vise à définir des critères pour la recherche translationnelle et veille à ce que toutes les étapes de tests soient réalisées au plus haut niveau de qualité.

En conclusion, le groupe d’experts appelle à se poser 5 questions fondamentales avant tout essai clinique de thérapie à base de cellules souches dans la maladie de Parkinson :

  • Que transplante-t-on exactement et quel est le mécanisme d'action attendu ?
  • Quelles sont les données précliniques d’innocuité et d'efficacité qui soutiennent l'utilisation de la forme des cellules souches proposée ?
  • Quels sont les avantages éthiques, de réduction des risques et de méthodologie qui peuvent l'emporter sur les préoccupations sur l'efficacité attendue et permettent d’opter pour un type de cellule en particulier ?
  • Attend-t-on de la thérapie un meilleur contrôle des symptômes ou le traitement de la maladie ?
  • Comment est organisée la surveillance de l’essai clinique, est-il bien sous surveillance d'experts ?

Cependant, les experts abordent avec prudence les questions éthiques relatives à l'utilisation de cellules souches fœtales, expriment des inquiétudes sur l’insuffisance de certaines données publiées par ISCO, en particulier sur les types cellulaires capables ou non de bien fonctionner, sur des données de sécurité et d’efficacité non publiées, et enfin sur la durée de suivi de l'essai qui leur apparaît insuffisante. Bref, si tous s’accordent sur une perspective excitante, tous recommandent encore la prudence, face à l’insuffisance, écrivent-ils, de données précliniques. Des essais cliniques prématurés pourraient non seulement ternir le potentiel prometteur de nombreuses années de recherche scientifique, mais aussi menacer le domaine passionnant de la médecine régénérative. 

Source : Le Blog Retraite Sereine


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