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Les options des médicaments et troubles compulsifs

07/08/2016

Une étude de l’University Health System Loyola (Chicago) publiée en mars 2016 dans la revue Expert Review of Neurotherapeutics  confirme et documente les effets secondaires de risque de troubles compulsifs (addiction alimentaire, au jeu, au shopping ou au sexe), avec certains médicaments indiqués dans le traitement de la maladie de Parkinson, elle suggère des options disponibles, pour gérer au mieux, pour chaque patient, le traitement et ses effets collatéraux. En effet, les comportements obsessionnels et compulsifs (hypersexualité, jeu pathologique ou achats compulsifs) apparaissent comme un effet secondaire rare mais sévère associé à la prise de médicaments agonistes des récepteurs de la dopamine. Les médicaments dopaminergiques utilisés pour traiter les Parkinsoniens caractérisés par une production insuffisante de dopamine dans le cerveau, ont déjà été mis en cause, en particulier par l’étude américaine publiée en mars 2014 dans la revue JAMA Internal Medicine.

Un de ces troubles a été identifié chez 14% des patients parkinsoniens, il est vrai que les troubles compulsifs dont l’addiction au jeu, aux achats, à la sexualité et l'alimentation sont relativement fréquents dans la maladie de Parkinson. Cependant l’incidence de 14% est très probablement sous-estimée, les patients eux-mêmes sous-estimant la présence et la sévérité de ces troubles, en dépit des conséquences catastrophiques au plan personnel et pour la santé. Les auteurs précisent que :

  • Ces troubles sont plus fréquents chez les hommes qui sont plus susceptibles de présenter une hypersexualité et une addiction au jeu.
  • les femmes développent l’hyperphagie et une propension aux achats compulsifs.
  • Les principales conséquences constatées sont les difficultés financières, le divorce et la perte d'emploi.

Le principal facteur de risque médicamenteux chez les patients atteints de Parkinson est l’utilisation d'agonistes de la dopamine (AD). D'autres facteurs de risque comprennent un âge jeune, le tabagisme, l'abus d'alcool et des traits de personnalité comme l'impulsivité, les troubles obsessionnels compulsifs, la dépression et l'anxiété. La gestion de ces troubles est particulièrement difficile et il n’existe pas de directives de traitement spécifiques. Le traitement doit donc être individualisé. Cependant les patients sont souvent réticents de crainte des symptômes de sevrage et de voir leurs symptômes de Parkinson empirer.

Les auteurs ont passé en revue les dernières thérapies pour lutter contre ces troubles impulsifs, dont des médicaments d'ajustement (antidépresseurs, antipsychotiques atypiques et certains antiépileptiques), la stimulation cérébrale profonde ou externe et les thérapies cognitivo-comportementales publiée en septembre 2015 dans la revue Journal of Neuroscience. Ils proposent également les critères de décision, pour chacune de ces options, et suggèrent aux  proches qu’ils doivent,

  • être informés de ces effets secondaires des médicaments de Parkinson pour pouvoir remonter au médecin les changements dans les comportements de routine, l'irritabilité et l’impulsivité qui peuvent annoncer le développement de ces troubles compulsifs,
  •  s’efforcer également de protéger le patient des conséquences personnelles et financières possibles de ces comportements compulsifs.

Bref, sous l’angle de ces effets secondaires si fréquents, la prise en charge de la maladie apparaît bien comme nécessairement individualisée en fonction du profil neuropsychiatrique unique du patient, mais pluridisciplinaire dans toutes ses conséquences médicales, motrices, mentales et sociales.

Source : Le Blog Retraite Sereine


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