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La perte du sens de l’orientation est un premier signe de l’Alzheimer

07/09/2016

Les nouvelles données d’ne étude de la Washington University - St. Louis présentées en avril 2016 dans le Journal of Alzheimer's Disease, concluent que dans la maladie d’Alzheimer, les problèmes d’orientation semblent précéder les troubles de la mémoire, le symptôme caractéristique qui incite, généralement au diagnostic de la maladie. Ils incitent à combiner ce signe précoce à la détection de marqueurs du liquide céphalo-rachidien, qui, à eux-seuls, ne sont pas exclusifs de la pathogenèse. L’étude a testé cette compétence d’orientation et de navigation spatiale chez 71 participants âgés atteints ou pas de déclin cognitif.

Une autre étude publiée en janvier 2016 dans la revue IOS Press avait déjà souligné l’apparition très précoce de problèmes de navigation chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Ces déficits peuvent être associés à l'accumulation de plaques amyloïdes, aux agrégats de protéine tau et à d'autres processus de détérioration et de retrait dans le cortex préfrontal du cerveau, l'hippocampe et le noyau caudé. On sait en particulier que l'hippocampe, associé à la mémoire à long terme, à la reconnaissance de nouveaux environnements et à la création de cartes cognitives, est l’une des premières cibles des dommages liés à la maladie d'Alzheimer. Des dommages similaires sont également constatés dans le noyau caudé, une zone impliquée dans l'apprentissage et le mouvement volontaire. Enfin, cette étude est la première à documenter ces troubles de la navigation spatiale chez les patients atteints à stade précoce ou préclinique de la maladie.

L’expérience a impliqué 71 participants dont 42 personnes exemptes de signes cliniques ou de marqueurs du liquide céphalorachidien pour la maladie d'Alzheimer, 13 participants exemptes de signes cliniques mais avec biomarqueurs positifs (stade préclinique de la maladie), et 16 participants présentant des symptômes comportementaux documentés de stade précoce de la maladie. Ces participants ont été invités à passer environ 2 heures à naviguer, à l’aide d’un joystick, dans un labyrinthe virtuel et trouver des repères, comme cette bibliothèque. Le labyrinthe virtuel était composé d'une série de couloirs interconnectés avec quatre motifs de papier peint et 20 points de repère. Les participants ont été testés sur 2 compétences de navigation : l’apprentissage et la mémorisation d’un itinéraire pré-établi, et leur capacité cognitive à développer une carte mentale de l'environnement. Ils ont été testés aussi sur leur capacité à recréer l'itinéraire ou à retrouver leur chemin à l’aide des repères spécifiques. Moins de capacité de navigation mentale et d’apprentissage de nouveaux repères. L’étude montre que les participants présentant des marqueurs céphalo-rachidiens de la maladie d'Alzheimer ont :

  • des difficultés importantes à former une carte cognitive de l'environnement, un processus d’apprentissage associé principalement à la fonction hippocampique,
  • peu ou pas de perte de mémoire du parcours, une capacité associée plutôt à la fonction du noyau caudé,
  • enfin, leur capacité à apprendre les repères de l'environnement est réduite pendant la phase d'étude initiale,
  • et, de manière surprenante, en dépit de leur déficit de capacité à former une carte cognitive, ces participants atteints au stade préclinique de la maladie, surmontent ce déficit et font finalement presque aussi bien que les participants sains sur le plan cognitif, au cours de la tâche de navigation. 

Denise Head, professeur agrégé de sciences psychologiques et cérébrales et auteur principal conclut que ces résultats suggèrent que des tests de navigation conçus pour évaluer cette capacité de cartographie cognitive pourraient représenter un nouvel outil puissant pour détecter les tout premiers changements cognitifs liés à la maladie d'Alzheimer. Le test de navigation spatiale utilisé dans l’étude semble en effet plus sensible à la détection de la maladie d'Alzheimer au stade préclinique que les tests de mémoire épisodique. Enfin, ces observations suggèrent que le développement préclinique de la maladie est caractérisé par une atrophie hippocampique. Puis au fil de la progression, le noyau caudé devient impliqué et les déficits d'apprentissage apparaissent.

Sur un plan pratique, l’étude explique que la difficulté à retrouver son chemin souvent observée chez ces patients est en partie liée à des difficultés claires dans l'apprentissage d'un itinéraire établi, et à des difficultés à trouver son propre chemin à partir de nouveaux points de repère. Alors que la présence de marqueurs de la maladie dans le liquide céphalo-rachidien n’est pas suffisante pour diagnostiquer à coup sûr la maladie, les tests de cartographie cognitive pourraient être des outils précieux pour confirmer le diagnostic.

Source : Le Blog Retraite Sereine


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