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Le signe cutané d'un risque accru de démence

22/09/2016

Une étude de l’Université de Copenhague présentée en avril 2016 dans la revue Annals of Neurology confirme l’association entre la maladie de peau (La rosacée) et une dégénérescence du cerveau, une maladie dermatologique courante et la maladie d’Alzheimer qui ont une caractéristique en commun, l’expression élevée de certains peptides.

Les conclusions confirment en effet un risque de démence accru et en particulier de maladie d’Alzheimer chez les patients atteints de rosacée. Ce risque apparait le plus élevé chez les patients âgés et chez les patients dont la rosacée a été diagnostiquée par un dermatologue.

La rosacée est une maladie inflammatoire chronique courante de la peau qui se caractérise par une expression élevée de certaines protéines dont les métalloprotéases (MMP) de la matrice extra cellulaire (MEC) et de certains peptides antimicrobiens. Ces peptides sont également impliqués dans diverses maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer et autres formes de démence. Les symptômes comprennent généralement des rougeurs, des vaisseaux sanguins visibles, de petites plaies ou boutons, des picotements, brûlures, ou une sensibilité exacerbée. Parce que la rosacée affecte l’apparence du visage, elle peut aussi avoir un impact psychologique : 3 patients atteints sur 4 se plaignent ainsi de perte de confiance et d’estime de soi. Ses facteurs sont encore mal cernés. Ont été évoqués des facteurs génétiques, et environnementaux comme l’exposition solaire, une réaction anormale à la chaleur, l’exposition aux acariens.

Les facteurs aggravants sont la chaleur ou le froid, les changements brusques de température ou encore certains aliments. Ont également été évoqués, la consommation de mets épicés, trop poivrés, trop pimentés. Si les personnes concernées sont âgées de 30 à 60 ans, cette étude montre que l’association rosacée-Alzheimer est particulièrement forte, ce qui semble logique chez les personnes plus âgées.

Le Dr Alexander Egeberg et son équipe de l’Université de Copenhague a étudié cette association à partir des données de 5.591.718 adultes dont 82.439 patients atteints de rosacée, suivis de 1997 à 2012. Sur cette durée de suivi de 15 ans,

  • 99.040 personnes ont développé une démence, dont 29.193 la maladie d’Alzheimer, après ajustement pour les facteurs de confusion possibles, l’analyse montre, chez les participants atteints de rosacée,
    • un risque accru de 7% de démence,
    • un risque accru de 25% de maladie d’Alzheimer,
  • L’analyse par sexe, montre une augmentation plus importante du risque d’Alzheimer chez les femmes atteintes de rosacée, soit 28%,
  • chez les sujets de 60 ans et plus (20%),
  • chez les sujets chez qui le diagnostic de rosacée avait été posé par un dermatologue hospitalier (suggérant que dans ce cas la rosacée était plus sévère). Ces sujets, à rosacée  évidente présentent un risque accru de démence et d’Alzheimer, respectivement accrus de 42 et 92%.

Enfin, sur un plan clinique, un sous-groupe de patients présente des symptômes importants des deux  affections, tels que des brûlures et des picotements dans la peau, des migraines et des symptômes neuropsychiatriques, qui suggèrent un lien entre la rosacée et les maladies neurologiques. Les auteurs font ainsi état, à l’issue de cette très large étude, de preuve émergente du lien entre la rosacée et les troubles neurologiques, dont la maladie d’Alzheimer et de Parkinson. Si certains processus, comme ceux liés à ces peptides identifiés dans les 2 conditions, peuvent expliquer l’association observée, il s’agit de mieux comprendre ce lien de la peau au cerveau.

En conclusion, les auteurs rassurent qu’avoir une rosacée ne signifie pas nécessairement qu’on va développer une démence. Cependant le lien mérite d’être encore étudié avec peut-être une entrée par la rosacée pour découvrir de nouveaux traitements contre les troubles neurodégénératifs.

Source : Le Blog Retraite Sereine


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