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Recherche médicale sur la piste d'Alzheimer

05/09/2016

Le laboratoire Inserm U1219 (Épidémiologie du vieillissement et des maladies chroniques) dirigé par Hélène Amieva observe avec son équipe notre alimentation, nos loisirs, notre santé pour décrypter leur influence sur le cerveau dans le but de lutter contre la maladie d’Alzheimer. Pas de blouse blanche ni de microscope mais juste un gros serveur informatique top secret dans une salle cadenassée entre l’hôpital Charles Perrens et le CHU Pellegrin et le laboratoire vit au rythme du campus de l’université Bordeaux 2 qui l’abrite.

La chercheuse explique d’emblée que les choses importantes ne se passent pas dans le laboratoire « Nous nous rendons au domicile des personnes inclues dans nos cohortes, quelques centaines ou quelques milliers selon les études. Au départ, peu importe leur âge, leurs revenus, leur style de vie ou même la photographie de leur état de santé. Ce qui compte, c’est la dynamique, la trajectoire, leur évolution physique et psychologique au fil du temps. Pourquoi autant d’hétérogénéité et pourquoi certains dépassent 90 ans avec toutes leurs facultés et pas d’autres. Nous observons leurs habitudes, leur réseau social, leur histoire ».

La matière première d’Hélène Amieva, c’est donc la population générale, avec un faible pour les plus de 65 ans. En étudiant la neuropsychologie du vieillissement cérébral, elle cherche les éléments clés d’une longévité réussie. L’épidémiologie étant l’étude des facteurs influençant la santé. Elle brasse un grand nombre de données pour  faire émerger des hypothèses, découvrir l’influence d’un facteur génétique ou celle de l’environnement.

L’épidémiologie est parfois sous-évaluée, à tort contre la maladie d’Alzheimer, elle a marqué ces dernières années plus de points que la biologie pure. Car si la fréquence de cette maladie si effrayante diminue enfin, c’est moins grâce aux médicaments qu’aux études comme Paquid, menée sous la houlette d’Hélène Amieva.

L’équipe a aussi initié l’étude des Trois Cités qui mesure depuis 1999, à Dijon, Bordeaux et Montpellier, l’impact des troubles cardio-vasculaires sur le cerveau auprès de 10 000 seniors. Et l’enquête Ami (Approche multidisciplinaire intégrée) menée en milieu rural depuis 2005, qui compare l’avancée en âge en ville et à la campagne. Peu à peu, au fil des indices accumulés, les facteurs protecteurs d’Alzheimer se révèlent. Ceux d’un vieillissement réussi aussi. Quand Paquid démontre qu’une perte auditive accélère le déclin cérébral mais qu’un malentendant équipé d’aides n’est pas plus à risque qu’une personne entendant bien, Hélène Amieva s’enthousiasme avec de tels résultats car cela donne de l’espoir.

Cette spécialiste des neurosciences, pragmatique autant que passionnée a consacré sa thèse, et ne se réjouit qu’après une solide validation scientifique, au croisement de la neuropsychologie et des biostatistiques. Prend l’exemple des thérapies non médicamenteuses pour lutter contre la maladie d’Alzheimer. Chacun a ses convictions sur l’intérêt médical de l’art-thérapie, des ateliers mémoire ou des séances de réminiscence (stimulant les souvenirs anciens).

L’étude des Trois thérapies qu’elle a menée dans 40 centres hospitaliers français vient de livrer ses conclusions avec une efficacité zéro pour les ateliers menés en groupe, que ce soit en termes d’autonomie ou de comportement. En revanche, les ateliers personnalisés qui tiennent compte des goûts et des capacités de chaque patient améliorent bien la qualité de vie et permettent de rester chez soi six mois de plus. La chercheuse affirme que cela semble modeste mais c’est le désir le plus cher des personnes âgées. Mettre la personne plutôt que la thérapie au cœur du soin, c’est cela qui marche. Et côté financier, cela économise six mois en institution. Au passage, elle met en garde contre les sites prêts à faire du business avec des formations d’aidants non validées. Elle a écrit un livre sur le rôle crucial des aidants, entre deux appels à projets. Car il faut sans cesse convaincre : la Région, les mutuelles, l’Agence nationale de la recherche, la Fondation Alzheimer et d’autres fondations pour la recherche médicale, ou encore les laboratoires pharmaceutiques, tous ces soutiens financiers qui rendent possibles des études forcément étendues dans le temps.

Hélène Amieva fait savoir à quel point la discipline exige une vision à long terme, en plus d’une bonne rigueur, les mêmes tests sont scrupuleusement repris pour pouvoir modéliser leur évolution.

Source : Le Blog Retraite Sereine


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