<strong>Le réseau GRATUIT n°1 de conseillers de proximité</strong> qui vous rencontrent à domicile, vous conseillent et vous accompagnent !

Un même interrupteur cérébral pour les Troubles du mouvement et de la cognition

04/09/2016

Une étude de l'University de Californie-San Diego publiée en avril 2016 dans la revue Nature Communications via ScienceDaily suggère que l'oubli soudain d’une tâche cognitive en cours, en raison d’un événement inattendu, est une expérience courante, vécue par chacun d'entre nous. Ces deux processus, l’un pathologique et l’autre pas, procèdent du même mécanisme cérébral. L’arrêt impromptu d’un mouvement en cours et le tremblement sont des symptômes typiques de la maladie de Parkinson. Les chercheurs montrent ici que le système impliqué dans l'interruption ou l'arrêt d’un mouvement est le même que celui qui interrompt la cognition. Il peut éclairer les mécanismes en jeu dans les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson et de la même manière, dans les troubles de l’attention. Le concept surprenant, soutenu ici, est qu’un événement inattendu ou surprenant mobilise le même système du cerveau que celui que nous utilisons pour arrêter activement et volontairement nos actions. Ce système est localisé dans le noyau subthalamique, un petit groupe dense de neurones en forme de lentille, situé dans le mésencéphale et qui fait partie des 4 noyaux gris centraux. Le rôle des noyaux gris centraux dans la programmation et le contrôle des mouvements est déjà bien connu. Les effets de leur dysfonctionnement aussi, puisqu’il s’agit de troubles moteurs avec production excessive, très réduite ou ralentie de mouvements (hyperkinésie, akinésie et bradykinésie), ou tremblements comme dans la maladie de Parkinson.

Le noyau subthalamique est d’ailleurs la principale cible de la stimulation cérébrale profonde, dans le traitement de la maladie de Parkinson, ainsi publié en février 2012 dans la revue The Lancet Neurology. On sait enfin que les noyaux gris centraux sont impliqués dans la cognition, l'humeur et certains comportements non moteurs. Cette étude précise ces connaissances en suggérant que le noyau subthalamique (STN) peut déclencher à la fois l’interruption d’un mouvement du corps, soit de la mémoire de travail. 

Les chercheurs du laboratoire de neurosciences de l'Université de Californie à San Diego, en collaboration avec une équipe de l'Université d'Oxford ont analysé les signaux recueillis à partir du cuir chevelu de 20 participants en bonne santé et les signaux recueillis à partir d'électrodes implantées dans le STN de 7 patients atteints de la maladie de Parkinson. Tous les participants ont été invités à effectuer une tâche de mémoire de travail. A chaque essai, ils devaient mémoriser une suite de lettres, puis la réciter. La plupart du temps, ils avaient en musique de fond, une simple tonalité, avant la tâche de rappel. Mais, dans quelques cas, cette tonalité était remplacée par une musique plus surprenante. Enfin, durant l’ensemble de ces essais, l’activité cérébrale était enregistrée. Les résultats montrent que des événements inattendus (ici la musique surprenante) entraîne la même signature du cerveau au moment de l’arrêt cognitif, que celle constatée en cas d'arrêt pur et simple du corps, comme observé chez les patients parkinsoniens. Le rôle du STN est également confirmé. Plus il est engagé ou activé au moment de la tâche, plus les participants sont affectés en cas d’événement inattendu.

En conclusion, le STN est confirmé comme un interrupteur à la fois moteur et cognitif et donc comme une cible importante dans la prise en charge de la maladie de Parkinson. Au-delà, les chercheurs font l’hypothèse de son implication dans d’autres troubles moteurs ou de l’attention, comme avec hyperactivité (TDAH) et de sa stimulation thérapeutique pour interrompre les pensées intrusives ou indésirables.

Source : Le Blog Retraite Sereine


comments powered by Disqus