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Et si la démence était le fait d’un système immunitaire inné déréglé

13/10/2016

Une recherche présentée en mai 2016 dans la revue Frontiers in Neuroscience, suggère que l’activation anormalement prolongée du système immunitaire inné, combinée à une inflammation croissante, un autre facteur clé, pourrait expliquer les différences de susceptibilité innée aux maladies neuro-dégénératives. En effet, le système immunitaire inné a pour mission de prévenir la propagation de l'infection en identifiant les envahisseurs comme les virus, et en supprimant les cellules infectées. Il va donc s’activer s’il perçoit une anomalie des cellules du cerveau. Mais, chez certains sujets, encouragés par l’inflammation, il reste actif plus longtemps et entraîne des dommages prolongés aux cellules saines du cerveau. La réponse immunitaire innée pourrait donc bien théoriquement jouer un rôle dans le développement de la démence.

Donc, notre première ligne de défense, celle qui se met en action quel que soit le type de maladie ou d’infection pourrait être impliqué dans le développement des maladies neuro-dégénératives, comme la maladie d'Alzheimer et la maladie de Parkinson. En se déclenchant d’abord en réponse aux premières anomalies des cellules du cerveau, puis en s’emballant au fil du temps et en finissant par s’attaquer aux cellules saines, entraînant finalement leur dégénérescence et leur mort.

Une étude de l’Université de Zurich publiée dans la revue Nature Medicine a d’ailleurs montré l’efficacité de médicaments immunosuppresseurs (comme l'ustekinumab (Stelara), sur des rats modèles de démence. Les chercheurs de l'Université d'Adélaïde (Australie), ont mené un examen de la littérature dans le but de réunir des preuves à l’appui de cette hypothèse. Leur rapport reprécise la fonction du système immunitaire inné, et le processus par lequel il déclenche ses armes, des molécules mais aussi la mort mais aussi les différentes voies par lesquelles il peut aussi entraîner des dommages collatéraux. Dans le cas des maladies neuro-dégénératives, le système immunitaire inné se trouve dans l’incapacité de supprimer totalement la menace, ce qui le contraint rester actif.

Mais ce n’est pas le cas chez tous les sujets, et l’examen identifie les marqueurs de susceptibilité génétique de cette réponse immunitaire innée prolongée. Bref, la composante générique du risque de maladie neuro-dégénérative serait directement liée au système immunitaire inné. En conclusion, la maladie neuro-dégénérative serait le résultat cumulatif de l'activation chronique de cette voie de surveillance innée, encouragée par un contexte d’inflammation et de lésions tissulaires. Une nouvelle fenêtre d’étude se confirme, avec ces premières preuves rassemblées à partir de la littérature, qui mérite d’être explorée, avec à la clé, peut-être de tout nouveaux traitements qui cibleraient à la fois l’inflammation (la première des réponses immunitaire) et cette hyperactivité prolongée du système immunitaire inné.

Source : Le Blog Retraite Sereine


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