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Le cerveau entre pilote automatique et accélération

20/10/2016

Les conclusions d’une étude de l’Université de Californie - San Diego présentées en mai 2016 dans la revue Neuron décryptent le processus qui permet au cerveau de passer du pilotage automatique des habitudes à l'accélération nécessaire à la réflexion. En effet, ils ouvrent la voie à de nouveaux traitements de certains troubles, dont les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) et la toxicomanie. Toutes les habitudes ne sont pas mauvaises, certaines sont même nécessaires à notre survie en bonne santé. Il est bon que le cerveau puisse se mettre sur pilote automatique, pour pouvoir suivre cette routine sans avoir à réfléchir à chaque étape, et économiser ainsi son énergie. D’ailleurs, remarquent les chercheurs californiens, c’est bien l'incapacité à faire la distinction entre l’habitude et le choix délibéré qui sous-tend la toxicomanie et les troubles obsessionnels compulsifs.

Cette équipe internationale montre, sur la souris, ce qui se passe dans le cerveau lorsque la routine régule le comportement et identifie les circuits du cerveau impliqués dans l'action habituelle ou dans la décision délibérée. La zone impliquée est précisément le cortex orbitofrontal, une zone déjà bien connue pour son rôle clé dans la prise de décision du cerveau.

L’étude précise également l’implication des agents neurochimiques endocannabinoïdes (classe de substances chimiques produites naturellement par les humains et les autres animaux) qui vont agir comme un système de freinage sur le circuit orienté vers la réflexion et la décision. Le système endocannabinoïde est impliqué dans une variété de processus physiologiques dont l'appétit, la sensation de douleur, l'humeur et la mémoire. Il est également le système qui médie les effets psychoactifs du cannabis. De précédentes études avaient déjà révélé que le cortex orbitofrontal joue un rôle important dans la réflexion préparant l'action délibérée ou orientée vers un but. Les chercheurs constatent ici que,

  • en augmentant, chez la souris, la production de neurones dans le cortex orbitofrontal par optogénétique, ils favorisent le développement de cette capacité de décision délibérée.
  • en revanche, lorsqu’ils réduisent l'activité dans cette même zone, par approche chimique, l’animal perd de sa capacité de décision et a tendance à reprendre ses habitudes.

L'habitude prend le relais quand le cortex orbitofrontal est apaisé : alors que les endocannabinoïdes sont connus pour réduire l'activité des neurones en général, les chercheurs ont émis l'hypothèse qu’en supprimant toujours chez la souris, un récepteur endocannabinoïde particulier, appelé CB1, dans la voie reliant le cortex orbitofrontal au striatum, les souris perdraient toute habitude ! Ils démontrent ainsi le rôle crucial joué par ces agents neurochimiques et cette voie particulière, dans notre capacité à former et suivre une routine.

L’équilibre entre routine et délibération : il est clair que pour nos activités dites quotidiennes, nous avons grand besoin de cette capacité à suivre la routine avec le moins d’efforts possible, cependant, nous rencontrons parfois des situations où nous devons décider d’une action orientée vers un but sur la base d’informations actualisées. Ces 2 capacités sont donc primordiales, tout comme la flexibilité de notre cerveau lui permettant de passer de l’une à l’autre. Des conclusions suggèrent une nouvelle cible thérapeutique pour les personnes souffrant de TOC ou de toxicomanie, chez qui, finalement, il s’agit de pouvoir rompre l’habitude au profit d’une décision de sevrage.

Source : Le Blog Retraite Sereine


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